28
Fév
2015
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Ne crois pas que c’est fini

Les paroles de « Let Her Go » résonnent incessamment dans ma tête, tandis que mes yeux gonflés dérivent sur la masse de photos étalées sur la table de mon salon. Mouchoirs usés éparpillés au sol, yeux bouffis signes d’un trop plein de larmes, ventre noué par le dégoût… Les signes d’une histoire finie hantent ma bonne humeur, lui rappelant que ce temps-là n’existe plus.  Amour et bonheur font désormais partis d’un passé dont il ne me reste que des souvenirs. Le premier amour naît à la lueur d’une rencontre, s’épanouie dans des rires et s’estompe lentement en un souffle, laissant derrière lui les souvenirs agréables d’une parcelle de vie vécue à deux. Un soupir, puis un autre et la vie reprend petit à petit son cours, entrainant avec elle toutes ces petites choses qui ont composé le quotidien. Des souvenirs… simple trace de cette ancienne vie. Photos encadrées, bijoux emballés, surprises conservées et petites attentions exposées… Comme l’esprit sait se montrer agile dans un tel moment ! Carburant à 2000, enchainant des millions de pensées à la minute, l’imagination ne laisse aucun répit au mal d’amour. Les souvenirs, auparavant si magiques, délaissent à présent un goût amer au fond de la gorge, torturant l’esprit, le cœur et l’âme. L’histoire a beau être finie, l’amour et les souvenirs sont toujours là.

Ne crois pas que c’est fini. Tout ne fait que commencer… Tu vas te réveiller la nuit en larmes et en sueur, cherchant désespérément ta tendre moitié dans un lit désormais vide. Tu vas être prise de crises d’angoisse incessantes, t’empêchant de respirer et d’entrevoir un quelconque avenir heureux. Tu vas relire encore et encore tous les messages envoyés, les Facebook, les snapchat, whatsapp, texto, email, MMS et autres contenus remplis de tendresse, à la recherche d’un bonheur passé. Tu vas chercher à t’occuper, essayant de libérer ton esprit des milliers de reproches que tes pensées t’infligent. Tu vas pleurer, crier, souffler, endolorie par les poignards dans le cœur que t’envoie le vide créé autour de toi. Tu vas en morfler, longtemps. Le chagrin donnera l’impression d’être parti, lors d’instant plus conviviaux auprès de la famille, des ami(e)s, des collègues. Puis il reviendra de plus belle, dès que l’esprit aura un moment de libre pour s’acharner sur les souvenirs. Oui l’histoire finit, mais non, tout ne s’arrête pas là…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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