2
Sep
2015
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Ces petites infinités que nous offre l’été

La nuit déploie ses ailes sur Grenoble, ville d’un soir, ville d’une vie où s’éloignent au dessus de moi les rayons du soleil tous juste estompés. Il fait frais, et mon souffle se perd dans l’obscurité du ciel où brillent les étoiles silencieuses. Les souvenirs d’un été désormais terminé s’entremêlent dans mon esprit. Les images de mes vacances dansent encore devant mes yeux, me rappelant à quel point nous avons eu du bon temps.

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Oui, ça a bien eu lieu, c’était bien là, c’était bien nous. Nous étions libres, libres d’être heureux, libres de sentir le vent caresser nos visages reposés, libres de s’aimer aussi fort que nos battements de cœur, libres de se créer des souvenirs et de revenir plus heureux, plus amoureux, plus impatients d’entamer une nouvelle année.

J’entrevois encore mon sourire d’enfant illuminer mon visage à l’apparition de notre lieu de destination. Je sens encore le regard émerveillé de mon amoureux, me serrant tendrement dans ses bras sur la plage déserte d’un début de soirée. Les vacances d’été ont cette capacité à vous conduire au loin, dans un univers où se mêlent euphorie du soir et repos quotidien. Le temps semble alors s’arrêter, s’estompant dans l’air pour briser les liens qui nous unissaient jusqu’alors à une dure réalité.

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Le soleil répand ses rayons aveuglants, et nous, jeunes amoureux libres et impatients, trempons nos pieds dans l’eau de l’océan glacé, là où chaque nuit résonne le frottement des vagues sur la plage. La même routine défile jour après jour sans un brin de lassitude ou de nouveauté, puisque c’est à nous d’apporter un peu de joie. Aller à la plage chaque après-midi, voué au repos le plus absolu ; s’allonger au soleil et attendre que les picotements de la peau deviennent insupportables pour migrer enfin à l’ombre, se déchaîner sur des parties de Uno animées, sentir la brise marine pénétrer dans vos poumons, déguster des glaces italiennes au parfum tendrement sucré jusqu’à ce qu’elles ne coulent sur vos doigts, jusqu’à ce que votre langue ne soit baignée de ce délice, supporter la chaleur et plonger dans l’eau, rentrer dîner et sortir le soir, partager un baiser, savourer le goût de ses lèvres en laissant le vent chatouiller nos peaux bronzées, sourire, bouger, rêver, laisser ses regards glisser le long de ma peau, attendre la fin de la nuit, s’approcher de lui, un peu pompette, chuchoter de plaisir, ne rien dire, se regarder, en profiter…

Ce n’est pas qu’une question de vacances, de liberté ou d’amour partagé… C’est aussi une question d’atmosphère, la manière de percevoir le monde et la façon de le vivre, c’est une question de profiter de chaque seconde à ses côtés, comme si rien ne nous attendait, entrelacer nos doigts, tandis que nos sourires s’éveillent au moindre contact, au moindre regard. Pas de crainte, de le joie et de la bonne humeur rien de plus. Mais toutes ces belles paroles ne sont qu’un résumé des nombreux bons moments vécus, tels que se laisser envahir par un fou rire, ou s’affronter joyeusement aux jeux de société les plus fous… Ignorer le temps qui passe, s’enfermer dans notre bulle et soupirer aux moindres inconvénients. Désormais rentrée, prête pour un nouveau départ encore inconnu, je laisse cet art du « far niente » couler paisiblement dans mes veines. L’Éducation Sentimentale brillement composée par Flaubert, traîne inlassablement sur ma table de nuit, car en réalité je plonge mon esprit dans des articles de Glamour, tels que « Le nouveau choix amoureux » et le dilemme actuel, à savoir « Quelle série regarder ? ».

Mais le vrai esprit des vacances, ne se cache-t-il pas au fond dans les plaisirs les plus simples partagés avec la personne de son cœur, dans la découverte d’une vie à deux… ? Retrouver ces lieux laissés de côté il y a bien trop longtemps, libérer ses envies et se consacrer à soi-même et à lui, écouter tout simplement ce que l’âme demande, sans se confronter à des problèmes qui n’en valent pas la peine. Écouter son cœur et en profiter, puisqu’une fois de retour à la réalité, à ce que l’on appelle « la vie normale », celle de tous les jours où circulation des villes et visages familiers se mêlent à l’automne des premiers jours de travail; plus rien ne semble refléter ces petits instants de bonheur connus en été.

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Un petit air léger effleure le coin de ma bouche, me laissant ainsi goûter aux dernières saveurs de l’été… Le mois d’août touche déjà à sa fin, laissant derrière lui les souvenirs d’une courte période sans limite. Vivre d’été c’est vivre sans limites, sans temps, sans règles de bonne conduite et sans timidité, pleine d’amour et de rêves dans les yeux et dans le cœur.

J’entame cette nouvelle période la tête haute, le cœur léger, la mémoire emplie d’agréables souvenirs d’été, partagés à ses côtés, qui m’accompagneront jusqu’à l’été prochain.

A très bientôt,

Charlotte

 Photo : Unsplash
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